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Médecine Mitochondriale

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Une mutation génétique chez des Amish prolonge leur vie de 10 ans: Quel rôle pour les antioxydants?

Date

22/11/2017

Le Dr Marvin Edeas, Institut Cochin, INSERM U1016, Université Paris Descartes, et Président de la Société Française des antioxydants a commenté l'étude récemment publiée par le Prof. Douglas Vaughan, démontrant la mutation génétique des Amish qui permet d'augmenter leur durée de vie: "Je pense que cette stratégie liée aux antioxydants qui vise à diminuer la protéine PAI-1 (Plasminogen activator inhibitor -1) peut affecter le style de vie et augmenter la longévité. De prochains résultats liés à une étude clinique menée au Japon seront prochainement publiés et viendront clarifier cette hypothèse."

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En effet, elon l'étude relayée par Jean-Louis Santini, AFP(*), "Une mutation génétique très rare découverte chez des Amish aux Etats-Unis explique leur longévité supérieure, ce qui ouvre la voie à la conception de traitements contre la dégénérescence liée à l'âge, selon des chercheurs.

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"C'est la première mutation génétique humaine qui se révèle avoir un impact multiple sur les changements biologiques résultant du vieillissement", explique à l'AFP le professeur Douglas Vaughan, président de la faculté de médecine Feinberg de l'université Northwestern à Chicago.

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L'étude, dont les conclusions sont parues mercredi dans la revue Science Advances, a été menée auprès de 177 Amish âgés de 18 à plus de 85 ans appartement à la communauté de Berne, dans l'Indiana (nord des Etats-Unis).

Elle a montré que les 43 hommes et femmes porteurs de la mutation du gène Serpine1 --responsable d'une forte réduction de la production de la protéine PAI-1-- étaient en meilleure santé et vivaient en moyenne dix ans de plus (85 ans) que leurs congénères privés de cette variation génétique. L'espérance de vie aux Etats-Unis est de 78,8 ans.

Leur profil métabolique était aussi plus sain et ils souffraient nettement moins de diabète et de maladies cardiovasculaires, a relevé l'équipe scientifique internationale.

Les chercheurs ont également constaté que les télomères de leurs cellules immunitaires étaient en moyenne 10% plus longs. Le télomère est un morceau d'ADN situé à l'extrémité de chaque chromosome pour le protéger et qui se réduit à chaque division cellulaire, contribuant au vieillissement.

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- Protéine de la sénescence -

"Nous avons confirmé avec cette étude les résultats de précédentes études suggérant que la longueur des télomères est liée à l'âge chronologique et est en grande partie héréditaire", ont-ils relevé.

Le raccourcissement progressif des télomères entraîne le vieillissement biologique qui se traduit dans les cellules et les tissus de l'organisme par un accroissement de certaines protéines, dont la PAI-1 qui est la signature de la sénescence et qui a déjà été liée aux maladies cardiovasculaires.

"Le groupe d'Amish de Berne offre une occasion unique d'étudier les effets biologiques de cette mutation génétique et de la réduction de la protéine PAI-1 sur la longévité des humains", ont souligné les chercheurs, relevant l'utilité d'examiner des mutations génétiques chez des populations isolées géographiquement et génétiquement.

Leur étude s'est appuyée sur les résultats de précédents travaux, menés en particulier sur des souris, qui ont montré le rôle important de la PAI-1 dans le sénescence.

Ils ont notamment constaté une hausse du taux de cette protéine dans le sang et les tissus de souris génétiquement modifiées pour présenter un vieillissement accéléré.

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- Vieillir en bonne santé -

Des observations chez les humains ont révélé que le niveau de cette protéine était plus élevé chez les obèses et les diabétiques, mettant en évidence le rôle fondamental du métabolisme dans la biologie du vieillissement. Ce qui avait déjà été démontré lors d'expériences sur des vers, des mouches drosophiles et des mammifères.

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La molécule expérimentale "TM5614", qui neutralise cette protéine, a fait l'objet d'un essai clinique de phase I au Japon, a précisé M. Vaughan. Les autorités nippones ont déjà autorisé un essai clinique de phase II.

Des souris traitées avec cette molécule ont été épargnées de toutes les pathologies liées à l'âge et ont vu leur durée de vie quadrupler.

Cette molécule anti-vieillissement représente donc un solide espoir de traiter ou de prévenir des maladies humaines résultant de la sénescence.

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"Nous pensons que ce médicament peut avoir un double effet en agissant sur les processus moléculaires du vieillissement mais aussi sur les maladies qui y sont liées", a indiqué le professeur Vaughan. Selon lui, "nous pouvons ainsi prolonger la vie en bonne santé... et aussi l'espérance de vie" comme le montre l'étude auprès des Amish."

Source: Par Jean-Louis SANTINI - © 2017 AFP